Le Bénin se prépare à un nouveau cap dans la modernisation de ses routes. Avec l’appui financier de la Banque africaine de développement (BAD), le gouvernement prévoit le dédoublement de 58,5 kilomètres de route entre Ouidah et Hillacondji, à la frontière avec le Togo.
Le projet qui s’inscrit dans la modernisation du corridor Lomé-Cotonou, l’un des axes commerciaux majeurs de l’Afrique de l’Ouest, ne se limite pas au dédoublement de la chaussée. Selon les informations communiquées par la BAD le 10 septembre, les travaux sont répartis en quatre lots et comprennent plusieurs infrastructures complémentaires.
Le programme prévoit notamment 35,5 kilomètres de contre-allées entre Godomey et Ouidah, ainsi que 21 kilomètres de voies destinées à desservir les principaux sites touristiques de la cité historique de Ouidah. À cela s’ajoutent un parking pour poids lourds aménagé sur six hectares et des casernes ainsi que des logements de service à la frontière avec le Togo, sur un domaine de trois hectares.
Au total, les différents volets linéaires représentent 115 kilomètres d’aménagements routiers. L’objectif affiché est de renforcer la fluidité du trafic et d’améliorer les conditions de circulation sur cet axe stratégique.
Une nouvelle étape du corridor Lomé-Cotonou
Le tronçon Ouidah-Hillacondji constitue le volet béninois de la deuxième phase du projet de réhabilitation de la route Lomé-Cotonou et de protection côtière. Il s’inscrit plus largement dans le corridor Abidjan-Lagos, considéré comme une priorité du Programme pour le développement des infrastructures en Afrique (PIDA) de l’Union africaine.
Long d’environ 1 028 kilomètres, ce corridor relie Abidjan, Accra, Lomé, Cotonou et Lagos. Il dessert plus de 35 millions d’habitants et joue un rôle central dans les échanges commerciaux ouest-africains.
La première phase du projet avait bénéficié, dès 2011, d’un prêt de 63 millions de dollars et d’un don de 63,35 millions de dollars du Fonds africain de développement. Elle avait notamment permis l’aménagement de la section Pahou-Ouidah-Hillacondji et la construction d’un poste de contrôle juxtaposé à la frontière bénino-togolaise, achevé en 2022.
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Fluidifier un axe commercial stratégique
Le dédoublement de la route répond à un enjeu qui dépasse les seules infrastructures. Le corridor Abidjan-Lagos concentre une part importante des échanges commerciaux de la sous-région et voit circuler chaque jour un trafic dense de véhicules, de marchandises et de voyageurs.
Pour le Bénin, l’aménagement de l’axe Godomey-Ouidah-Hillacondji doit notamment contribuer à réduire les difficultés liées à la circulation et à faciliter les échanges avec le Togo et, au-delà, avec les autres marchés de la région.
Le chantier intervient également dans le cadre des priorités du Programme d’Action du Gouvernement 2021-2026, qui accorde une place importante au développement des infrastructures routières et au désenclavement des territoires.
À travers ce projet, le Bénin cherche ainsi à renforcer à la fois sa mobilité intérieure, son attractivité touristique et sa position sur l’un des principaux corridors économiques de l’Afrique de l’Ouest. Le calendrier détaillé des travaux, lot par lot, reste toutefois à préciser.
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