Deux ans après le départ de leurs forces militaires du Niger, les États-Unis font un retour sur un autre terrain stratégique, celui de l’uranium. Washington a approuvé un financement pouvant atteindre 414,2 millions de dollars pour le projet Dasa, développé par la société canadienne Global Atomic dans le nord du Niger.
La décision a été prise par la U.S. International Development Finance Corporation (DFC), qui a approuvé une facilité de dette destinée au financement du projet. L’annonce marque une évolution importante dans les relations entre Washington et Niamey, alors que la coopération militaire entre les deux pays s’est fortement dégradée depuis le changement de pouvoir de juillet 2023.
Selon Reuters, des responsables américains ont cherché à renouer avec les autorités nigériennes et voient dans le projet Dasa une occasion de sécuriser l’accès à une ressource considérée comme stratégique. Cette évolution intervient aussi dans un contexte de concurrence accrue autour des minerais essentiels et des ressources énergétiques africaines.
L’uranium au cœur des intérêts américains
L’intérêt de Washington pour le projet Dasa s’explique notamment par la place de l’uranium dans la production d’énergie nucléaire. Le minerai figure depuis 2025 sur la liste américaine des minéraux critiques, ce qui renforce son importance dans la stratégie d’approvisionnement des États-Unis.
Le projet Dasa se situe à environ 105 kilomètres au sud d’Arlit, dans la région d’Agadez. Global Atomic présente le gisement comme l’un des plus importants projets d’uranium à haute teneur en Afrique. Le plan minier prévoit une production de 68,1 millions de livres d’oxyde d’uranium sur plus de 23 ans.
La société canadienne détient 80 % du projet à travers la Société minière de Dasa (SOMIDA), tandis que l’État nigérien possède les 20 % restants.
Global Atomic affirme également avoir déjà conclu des accords de vente portant sur 8,8 millions de livres d’uranium au cours des sept premières années de production. Selon l’entreprise, environ 90 % de ces volumes sont destinés à des compagnies d’électricité américaines.
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Un financement encore soumis à plusieurs conditions
L’accord de financement ne signifie toutefois pas que les 414,2 millions de dollars seront immédiatement débloqués. Plusieurs conditions doivent encore être remplies avant la finalisation du dispositif financier.
Parmi les principaux enjeux figure la question du transport de l’uranium. Le Niger est un pays enclavé et l’insécurité qui touche certains corridors régionaux complique l’acheminement des marchandises vers les ports.
Global Atomic étudie donc différentes options pour exporter la production de Dasa. Une piste évoquée consiste à établir un corridor vers le nord, avec un passage par l’Algérie et le Sahara. Reuters souligne que les questions de sécurité, de transport et d’environnement politique restent des risques importants pour le projet.
Un nouveau chapitre dans les relations Washington-Niamey
L’investissement américain intervient alors que le Niger a profondément réorienté ses partenariats depuis 2023. Les forces américaines ont quitté le pays en 2024 et Niamey a depuis renforcé sa coopération sécuritaire avec la Russie.
Le financement du projet Dasa montre toutefois que les intérêts économiques peuvent ouvrir un nouveau canal de dialogue entre les deux pays. Pour Washington, l’enjeu porte sur la sécurisation des approvisionnements en uranium. Pour Niamey, le projet représente un investissement majeur dans une filière minière stratégique.
Le dossier reste cependant soumis à des défis sécuritaires, logistiques et réglementaires. La concrétisation du financement dépendra donc de la capacité des différents acteurs à lever ces obstacles et à garantir les conditions nécessaires au développement puis à l’exportation de l’uranium nigérien.
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