L’ancien président du Kosovo Hashim Thaçi a été condamné mercredi 16 septembre 2026 à 25 ans de prison par les Chambres spécialisées pour le Kosovo, tribunal international basé à La Haye. La juridiction l’a reconnu coupable de plusieurs crimes de guerre commis pendant et après le conflit de 1998-1999.
Le verdict a été prononcé par un panel de juges internationaux. Hashim Thaçi a notamment été reconnu coupable d’arrestations illégales, de torture, de meurtre et de traitements cruels. La peine tient compte de la période déjà passée en détention.
Ancien chef politique de l’Armée de libération du Kosovo (UCK), Hashim Thaçi était jugé aux côtés de trois autres responsables de l’ancienne guérilla : Kadri Veseli, ancien chef du renseignement de l’UCK, Jakup Krasniqi, qui en était le porte-parole, et Rexhep Selimi, responsable des opérations.
Les quatre hommes ont été reconnus coupables de crimes de guerre liés notamment à des détentions arbitraires, des actes de torture, des traitements cruels et des meurtres. La chambre les a en revanche acquittés des accusations de crimes contre l’humanité.
Le parquet avait requis en février dernier une peine de 45 ans de prison contre Hashim Thaçi. La peine prononcée mercredi est donc inférieure aux réquisitions. Le tribunal peut aller jusqu’à la réclusion à perpétuité.
Le dossier n’est toutefois pas totalement clos. Les juges doivent encore examiner des demandes relatives aux réparations.
Hashim Thaçi avait démissionné de la présidence du Kosovo en novembre 2020, après l’annonce de son inculpation. Il s’était ensuite rendu à La Haye, où il avait été placé en détention.
Une figure controversée au Kosovo
Le procès ravive les divisions autour de l’héritage de la guerre du Kosovo. Le conflit entre les forces serbes et la guérilla albanaise avait fait environ 13 000 morts, selon les estimations citées dans le dossier, avant de prendre fin après la campagne de bombardements menée par l’Otan en 1999.
Pour une partie de la population kosovare albanaise, Hashim Thaçi et l’UCK restent associés à la lutte ayant conduit à l’indépendance du Kosovo, proclamée en 2008. Ses partisans dénoncent depuis longtemps les poursuites engagées contre les anciens responsables de la guérilla et considèrent les quatre accusés comme des figures de la lutte pour l’indépendance. Les condamnés, eux, ont toujours rejeté les accusations portées contre eux.
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